Disparition de Claude Berri lundi 12 janvier 2009C’est un grand nom du cinéma européen qui vient de disparaître, plus qu’un grand nom, un pilier qui en s’écroulant aujourd’hui des suites d’un accident

vasculaire cérébral à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, laisse derrière lui un trou béant à la mesure de son importance au sein du 7e art.
Claude Berri, fils d’un fourreur juif et d’une ouvrière, s’est construit tout seul. En 1962,
Le Poulet, son premier court-métrage qu’il réalise et produit (déjà) le propulse sur le devant de la scène : un Oscar viendra récompenser son effort. Lui qui voulait être acteur bâtira l’essentiel de sa carrière comme réalisateur et l’essentiel de sa fortune comme producteur.
Les années 1980 seront ses années bénie côté réalisation.
Tchao Pantin en 1983, couronné d’un César du Meilleur acteur pour Coluche, puis
Jean de Florette et
Manon des sources en 1986 - César du Meilleur acteur pour Daniel Auteuil et de la Meilleure actrice dans un second rôle pour Emmanuelle Béart - seront à la fois des succès critiques et populaires. Ils se consacrera ensuite davantage sur son activité de producteur, même s’il continuera à réaliser des films comme
Germinal en 1993 ou encore
Ensembles, c’est tout en 2006.
Du côté de la production, tout ce qu’il touche se transforme en or. Et quand ce n’est pas le cas, comme pour
Tess de Roman Polanski pour lequel Claude Berri s’est endetté, la profession lui est reconnaissante de prendre des risques.
Tess remportera des récompenses aux Césars et aux Oscars... Mais Claude Berri, c’est avant tout d’énormes succès, depuis
L’Ours de Jean-Jacques Annaud jusqu’à
Bienvenue chez les Ch’tis qui a franchi les vingt millions d’entrées en salles. Produisant aussi bien des films populaires (
Gazon maudit ou
Astérix et Obélix contre César) que des films classés art et essai (
L’Enfance nue de Maurice Pialat), Claude Berri aura été le producteur français le plus à même de concilier ces deux pans de notre cinéma trop souvent cloisonné, comme en témoigne le magnifique succès que remporta
La Graine et le mulet d’Abdellatif Kechiche. Le succès, encore et toujours, voilà un terme que Claude Berri pourra, sans rougir, graver comme épitaphe.
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Je marche dans les rues
Et je suis seule sans toi.
Sans toi, que suis-je devenue ?je ne sais pas
Espérer sans toi.